SÉMINAIRE DE RECHERCHE-ACTION DES ETUDIANT.E.S DE L'ENSAPLV EN 2022

28/02/2022

Avec le soutien de la DEAL, de la DAC et de la ville de Mamoudzou 

Du 12 au 27 février 2022, trente-trois étudiants à l'Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Paris-la-Villette (ENSAPLV) sont venus à Mayotte dans le cadre de leur dernière année d'étude d'architecture. En lien avec leur professeur et l'architecte Julien Beller, ils mènent leur projet de fin d'études sur le territoire de Kawéni, à Mamoudzou. 

Les étudiants sont amenés à réfléchir à divers programmes : des équipements publics, des logements à coûts maîtrisés et des kiosques pour les points de vente informels. Les propositions faites nécessitent d'être confrontées au terrain après un semestre de réflexion menée depuis la métropole française. 

Pour les étudiants, ce séjour est l'occasion de découvrir leur site de projet de fin d'études. Grâce à une analyse urbaine située, des relevés de sites, des ateliers thématiques, des entretiens avec des habitants et des rencontres d'acteurs-ressources, ils ont pu nourrir leur démarche de projet, affiner leurs propositions et construire une démarche au plus proche de leur terrain. 

Plus largement, la présence des étudiants sur l'île a été la première étape dans la mise en place de temps de rencontre, d'échange sur les savoir-faire mahorais et de formations à la construction raisonnée et bioclimatique qui seront prolongés dans les mois à venir et avec l'ensemble des partenaires rencontrés. 


Le vendredi 25 février, les étudiants ont invité l'ensemble des intervenants rencontrés afin de leur présenter les données recueillies et le reportage de terrain mené pendant les deux semaines. Nous avons ainsi clôturé ce séjour par une exposition, des échanges entre intervenants et étudiants et un dernier temps convivial. 

Extrait des travaux de terrain des étudiants


Les fontaines à eau de Kawéni, par Charles Molière, Rébecca Elissalde, Paul-Antoine Rouillé et Clémence Yvon 

Après avoir rencontré un usager d'une fontaine de Kawéni, un groupe d'étudiants s'est rendu compte de l'importance de ces points d'eau dans le quotidien de certains habitants de la ville. Où se trouvent les fontaines ? Quelles sont les pratiques de leurs usagers ? Quel impact ont-elles sur leur périmètre proche ? Après avoir répertorié les fontaines à eau qui existent à Kawéni, les étudiants ont relevé des actions se déroulant autour de cet élément urbain. Par le dessin, l'enregistrement audio et la vidéo, ils ont retranscrit leurs observations et leur ont redonné vie dans une vidéo. 

Les commerces informels et typologie des structures de vente, par Paul de Planchard de Cussac, Cassiopée Lefrançois, Gabriel-Walid Tebourbi, Cassandra Geran, Rémy Grandné et Amina Nacerddine

Grâce à un reportage photographique et des entretiens, les étudiants ont recensé l'implantation, les typologies des points de vente et les types de produits alimentaires vendus par les commerçantes informelles. Une réflexion sur la colorimétrie de gammes chromatiques variées à été restituée dans le rendu graphique de leur reportage.

Les récits de terre : échantillons de matière inerte et de vie humaine, par Paola Penet, Clémentine Cau, Béatrice Stolz et Emilie Anandappane 

L'ensemble des étudiants a réalisé une collecte d'échantillons de matériaux biosourcés et géosourcés (sol, terre, fibres végétales...). Le travail de ce groupe a consisté à animer ces échantillons par des récits de vie et des approches sensibles aux sols prélevés. Les échantillons géolocalisés offrent une vision centralisée de fragments du sol mahorais et permettent de construire un répertoire des terres. 


Extrait de "Mon fils le cocotier" 

RECIT DU SOL - Cette terre est celle qui vit au pied du cocotier de la maison de Marie, dans le quartier de Lazerevouni. Elle incarne pour elle la force et l'amour de son fils qui vit aujourd'hui en métropole. Il avait sué sous un soleil battant pour lui planter ce cocotier il y a une quinzaine d'années, la veille de son départ pour Marseille, afin de laisser une trace du temps qui allait les séparer au fur et à mesure que la plante allait grandir. "Il ne fallait pas qu'il ait doublé de taille entre deux visites sinon je me fâchais !" a-t-elle crié. "Quand je vois cette terre je revois mon fils jeune, souriant et heureux, les mains sales de l'avoir travaillée, et mes larmes de fiertés, dures à contenir". 


La tôle dans l'habitat, par Wassim Amrani Garib, Sarra Makina, Mariem Ben Brahim et Mélissa Tifrani

Les étudiants ont observé l'utilisation de la tôle dans l'habitat. Par la photographie, la captation vidéo et la rencontre d'habitants, ils ont pu observer les nuances de la mise en oeuvre de cet élément. Par la variation des métaux et des couleurs, quelle identité donne-t-elle à l'habitat ? 

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